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The Arthritis Advocate, Volume 2

Élections québécoises de 2026 : Ce que les engagements des partis en matière de santé signifient pour les soins liés à l’arthrite

Par Kelly Lendvoy, vice-président, communications et affaires publiques, comité ACE (Arthritis Consumer Experts)

Les Québécois se rendront aux urnes le 5 octobre, et la santé constitue un enjeu électoral majeur.

Les partis proposent des solutions différentes à des problèmes bien connus : difficulté d’accès aux soins, longs délais d’attente pour les chirurgies, pénurie de main-d’œuvre dans le secteur de la santé et inégalités d’accès à travers la province. Leurs propositions vont de la réforme de la gestion du système aux soins de première ligne et à la télésanté, en passant par un recours accru aux capacités du secteur privé au sein du système financé par l’État. Au 10 septembre, seuls deux des cinq principaux partis — le Parti conservateur du Québec et Québec solidaire — avaient dévoilé leur programme électoral complet. Tous les partis continuent de présenter des engagements politiques tout au long de la campagne.

Plus de 1,3 million de Québécois atteints d’arthrite sont directement concernés par ces décisions. L’arthrite est la principale cause d’invalidité au Québec ; elle nuit à la capacité de travail des personnes atteintes, entraînant une baisse de productivité, une réduction du nombre d’heures travaillées, un raccourcissement de la carrière et un retrait du marché du travail.

Une nouvelle étude du Canadian Centre for Economic Analysis (CANCEA) révèle que l’arthrite coûte actuellement 31,9 milliards de dollars par an au Québec. En l’absence d’intervention, ce chiffre devrait atteindre 42,7 milliards de dollars d’ici 2055, dont 28,3 milliards au titre de la perte de valeur sociale.

La campagne « Votez pour l’arthrite » (Vote for Arthritis) de l’ACE a défini cinq priorités pour améliorer les soins liés à l’arthrite au Québec. Nous analysons actuellement les programmes des partis et les annonces en matière de santé afin de déterminer dans quelle mesure des propositions plus larges pourraient faire progresser ces priorités et où subsistent des lacunes.


Obtenir un diagnostic et consulter le bon professionnel de la santé

Pour une personne chez qui se développe une arthrite inflammatoire, franchir la porte d’entrée du système de santé n’est que le début. Il lui faut également consulter le bon professionnel de la santé assez rapidement pour obtenir un diagnostic et amorcer un traitement.

Le Parti québécois (PQ) souhaite renforcer les services de première ligne par l’entremise des CLSC et décentraliser la gestion des soins de santé. Lors du débat des chefs du 9 septembre, M. St-Pierre Plamondon a réitéré l’importance des soins de première ligne et de la prévention, mais aucun nouvel engagement n’a été pris concernant l’accès aux rhumatologues ou les parcours d’orientation vers des spécialistes.

La Coalition Avenir Québec (CAQ) a promis 100 000 examens d’imagerie médicale supplémentaires par année et souhaite que les infirmières, les pharmaciens, les infirmières praticiennes et d’autres professionnels de la santé assument des rôles élargis. Elle propose également de former davantage de médecins de famille en région.

Le Parti libéral du Québec (PLQ) propose un service public de télésanté à l’échelle de la province qui orienterait les patients vers une infirmière, une infirmière praticienne ou un médecin en fonction de leurs besoins. Les patients nécessitant un examen physique continueraient de recevoir des soins en personne.

Dans son programme en matière de santé, le Parti conservateur du Québec (PCQ) propose d’établir des délais d’attente maximaux pour les consultations spécialisées et les examens diagnostiques. Si le système public ne parvenait pas à respecter ces délais, les patients pourraient être traités ailleurs aux frais de l’État. Le parti propose aussi d’augmenter de 400 à 500 le nombre d’admissions annuelles en faculté de médecine et de former 1 500 nouvelles infirmières praticiennes sur une période de quatre ans.

Québec solidaire (QS) créerait 400 points d’accès aux soins de première ligne sur le modèle des CLSC, regroupant médecins, infirmières, ergothérapeutes et autres professionnels de la santé. QS prévoit l’ouverture de 200 de ces points d’accès durant un premier mandat et de 200 autres durant un second.

Ces propositions pourraient améliorer l’accès au système de santé. Pour les électeurs atteints d’arthrite inflammatoire, la question demeure de savoir combien de temps il faudra à un patient présentant des signes de la maladie pour consulter un rhumatologue et commencer un traitement approprié.


L’attente d’une chirurgie de remplacement articulaire

Plus de 70 % des arthroplasties de la hanche et plus de 99 % des arthroplasties du genou sont directement attribuables à l’arthrose. Pour les personnes atteintes d’arthrose sévère, la chirurgie de remplacement articulaire peut rétablir la mobilité et réduire la douleur, mais de nombreux patients québécois attendent au-delà du délai cible recommandé. En 2025, seulement 54 % des arthroplasties du genou et 42 % des arthroplasties de la hanche ont été réalisées au Québec dans le délai cible de six mois.

La CAQ a proposé de coordonner les listes d’attente chirurgicales entre les régions. Après six mois, les patients en attente de certaines interventions pourraient se voir proposer une opération ailleurs dans le réseau public. Après neuf mois, certains pourraient être opérés par un prestataire privé, aux frais du réseau public. La chirurgie orthopédique serait incluse dans ce dispositif. M. Fréchette a réitéré cet engagement des neuf mois le 9 septembre.

Le nouveau programme santé du PCQ place également les garanties de délais d’attente au cœur de sa stratégie. Il fixerait des délais maximaux pour les chirurgies majeures et, si le réseau public dépasse cette limite, financerait les soins ailleurs, notamment auprès d’un prestataire privé accrédité.

Le PQ affirme qu’il abolirait Santé Québec et réaffecterait les économies administratives prévues aux soins directs aux patients, y compris à la réduction des listes d’attente chirurgicales. Le montant de ces économies est contesté. Une vérification des faits publiée le 8 septembre par le *Montreal Gazette* a révélé que l’affirmation du PQ concernant des économies annuelles d’au moins 40 millions de dollars ne pouvait être vérifiée pour le moment.

La réadaptation postopératoire demeure largement absente des débats de la campagne. La chirurgie ne constitue qu’une étape du parcours de soins lié au remplacement articulaire. L’accès rapide à la physiothérapie et à la réadaptation figure également parmi les priorités de l’ACE pour réduire les délais d’attente.


Le lieu de résidence a-t-il une incidence sur les soins auxquels on peut avoir accès ?

Le lieu de résidence peut déterminer la rapidité avec laquelle les patients accèdent aux soins pour l’arthrite ainsi que la distance à parcourir pour les recevoir. Les communautés rurales, éloignées ou mal desservies peuvent disposer de moins de services de proximité et éprouver davantage de difficultés à accéder à des soins spécialisés.

QS affirme que ses points d’accès sur le modèle des CLSC permettraient de décentraliser les soins et d’améliorer l’accès local, y compris dans les régions les plus éloignées. Le PLQ soutient que son service public de télésanté pourrait réduire les déplacements inutiles lorsque les soins peuvent être dispensés à distance en toute sécurité.

La proposition de la CAQ visant à coordonner les listes d’attente chirurgicales entre les régions permettrait aux patients de tirer parti des capacités disponibles ailleurs au Québec. Le parti souhaite également former davantage de médecins de famille en région. Le PQ aborde la question sous l’angle de la décentralisation, du renforcement des CLSC et d’une augmentation de 50 % du budget consacré aux soins à domicile.

Les engagements du PCQ en matière de main-d’œuvre pourraient accroître la capacité de prise en charge à l’échelle de la province, bien que son programme santé ne présente pas encore de modèle spécifique de soins de l’arthrite pour les zones rurales ou éloignées.

Les approches divergent. Pour l’ACE, le critère déterminant est de savoir si les habitants des communautés rurales, éloignées et mal desservies peuvent bénéficier d’un accès comparable aux soins pour l’arthrite.


Moderniser l’accès aux médicaments contre l’arthrite

Pour les personnes atteintes d’arthrite inflammatoire, un accès rapide au médicament le plus approprié peut aider à prévenir des lésions articulaires irréversibles et l’invalidité. Les critères de remboursement des régimes publics d’assurance médicaments peuvent déterminer si le traitement recommandé par un spécialiste est accessible au moment où le patient en a besoin.

À ce jour, ACE n’a relevé aucun engagement de la part de l’un ou l’autre des cinq partis politiques visant à moderniser le Régime public d’assurance médicaments, notamment en ce qui a trait aux modalités d’accès aux médicaments contre l’arthrite régies par les critères d’autorisation spéciale et les exigences de type « essai-échec » (obligation d’essayer d’autres traitements avant d’accéder au médicament visé).

Ces politiques sont déterminantes car, même si un spécialiste recommande un médicament comme étant le traitement le plus approprié pour un patient, le régime public peut tout de même exiger que ce dernier essaie d’autres traitements au préalable.

Le Québec a déjà supprimé l’obligation de recourir à des traitements conventionnels avant d’accéder à certains traitements biologiques pour la maladie de Crohn. ACE estime que ce même principe devrait guider les politiques relatives aux médicaments contre l’arthrite : les critères de remboursement doivent évoluer en fonction des données cliniques probantes et des lignes directrices actuelles en matière de traitement.


Comment les Québécois sauront-ils si l’accès aux soins s’améliore ?

Les promesses électorales doivent être suivies de données probantes démontrant si l’accès aux soins s’améliore réellement. La publication de rapports permet de cerner les situations où les patients attendent encore trop longtemps et où persistent des disparités régionales.

La CAQ a proposé de fournir aux patients plus d’information sur leur position sur les listes d’attente pour les interventions chirurgicales. Le PLQ a indiqué qu’il maintiendrait Santé Québec tout en décentralisant certaines décisions et en responsabilisant davantage l’organisme quant aux résultats.

L’ACE souhaite une plus grande transparence dans la publication de rapports. Pour l’arthrite, des indicateurs utiles comprendraient le délai de diagnostic, l’accès aux spécialistes, la chirurgie de remplacement articulaire et la réadaptation, les disparités régionales en matière d’accès aux soins, ainsi qu’une transparence totale sur le réinvestissement des économies réalisées grâce à l’utilisation accrue des biosimilaires.

Jusqu’à présent, la campagne a suscité beaucoup plus de discussions sur la capacité du système de santé et les listes d’attente que sur l’accès aux médicaments ou sur la façon dont les améliorations des soins seront mesurées.


Ce que ACE surveillera de près

ACE continuera d’examiner les nouvelles plateformes et les annonces en matière de santé, et publiera les réponses des partis à notre questionnaire « Votez pour l’arthrite ».

Notre rôle est d’aider les Québécois atteints d’arthrite à comprendre les propositions des partis et les répercussions possibles de ces dernières sur leurs soins. Les patients pourront-ils obtenir un diagnostic et consulter le professionnel de la santé approprié plus rapidement ? Pourront-ils accéder aux médicaments requis par leur état clinique ? Pourront-ils bénéficier d’une chirurgie de remplacement articulaire et d’une réadaptation dans des délais raisonnables ? Des soins de qualité pour l’arthrite seront-ils offerts, peu importe leur lieu de résidence ? Le gouvernement indiquera-t-il publiquement si l’accès aux soins s’améliore ?


Que pouvez-vous faire ?

Les personnes atteintes d’arthrite peuvent poser ces questions directement aux candidats qui sollicitent leur suffrage. Lorsqu’un candidat se présente à votre porte, participe à une réunion publique ou demande votre soutien, interrogez-le sur les mesures que lui et son parti comptent prendre pour améliorer la prise en charge de l’arthrite. Faites-leur part des obstacles que vous avez rencontrés pour obtenir un diagnostic, consulter un spécialiste, accéder aux médicaments, subir une intervention chirurgicale ou trouver des soins dans votre communauté. Exigez une réponse précise. 
 
Le vécu des personnes atteintes d’arthrite doit être pris en compte dans cette élection et dans les décisions qui en découleront. L’ACE continuera d’exhorter les partis à prendre des engagements clairs durant la campagne et veillera à ce que le prochain gouvernement tienne ses promesses. 
 
Le 5 octobre, allez voter. D’ici là, assurez-vous que les candidats qui sollicitent votre vote comprennent ce à quoi devrait ressembler une meilleure prise en charge de l’arthrite. 

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